LES JUMEAUX DIVINS DANS LE CALENDRIER CELTIQUE

17,50

Dépôt légal : juillet 2017

14,8x21cm, 202 pages,

49 illustrations NB,

index et bibliographie

ISBN : 978-2-9541625-8-4

Description

Essai de Daniel GRICOURT et Dominique HOLLARD

Attestés par des sources antiques, des textes médiévaux irlandais et gallois ainsi qu’une riche iconographie, les dieux jumeaux des Celtes s’inscrivent dans le vaste cadre du dioscurisme des peuples indo-européens. S’ils présentent divers points communs avec les paires de frères divins des cultures apparentées, ils offrent cependant la particularité de former, au-delà de leur gémellité, l’un et l’autre des divinités de premier plan dans leur domaine d’élection. Au Pays de Galles, Lleu – version locale du grand dieu Lugh/Lugus – naît juste après son jumeau Dylan, celui-ci prenant aussitôt l’aspect d’une créature marine. On a pu établir que ce frère, lié à l’eau, aux espaces et créatures sylvestres, protagoniste de morts et de renaissances successives, s’incarne dans le dieu cervin gaulois Cernunnos. Les recherches comparatistes ont par ailleurs montré que ce dioscure ‘sauvage’ représente l’homologue du grec Dionysos et de l’indien Śiva. De son côté, son frère lumineux et multifonctionnel Lleu/Lug(us) s’avère l’équivalent de l’hellénique Apollon. Le grand dieu de Delphes est dans son sanctuaire phocidien complémentaire de Dionysos sur les plans calendaire et fonctionnel, une relation similaire à celle qu’entretiennent Lugus et Cernunnnos chez les Celtes.

Ce sont précisément les liens entre les jumeaux celtiques et le calendrier qu’explore cet ouvrage. Lugus, comme Cernunnos, patronnent chacun une moitié de l’année : le semestre estival, chaud et lumineux pour le premier ; le semestre hivernal, froid et sombre pour le second. Le basculement cyclique entre ces deux périodes s’effectue traditionnellement aux 1er mai (Beltaine) et 1er novembre (Samhain). Mais l’année celtique apparaît bien plus complexe. Outre les quatre fêtes d’ouverture de saisons préservées jusqu’à nos jours en Irlande (Imbolc, Beltaine, Lugnasad et Samhain) liées à l’origine aux phases lunaires, aux constellations, voire aux déplacements de Vénus, les quatres grandes stations de l’année solaire que constituent solstices et équinoxes se révèlent au cœur du festiaire celtique.

En combinant textes et images, il est possible d’établir que les dieux frères sont présents, isolément ou de concert, à toutes ces étapes successives du cycle annuel. Leur intervention – qui n’exclut nullement celle d’autres divinités – joue un rôle moteur dans la dynamique cosmique et l’alternance saisonnière. On peut ainsi les voir à tour de rôle en majesté au milieu de l’été (Lugus à Lugnasad) ou de l’hiver (Cernunnos à Imbolc, ancêtre de notre Carnaval), coopérant à force égale lors des basculements équinoxiaux de printemps et d’automne et en interaction différenciée lors des phases dramatiques qui correspondent au « retournement » de la course solaire lors des solstices.

Les Jumeaux divins sont figurés, soit sous forme humaine, soit sous celle d’animaux identiques ou dissemblables, sur un nombre considérable de représentations plastiques. Ces dernières ont pour thème essentiel le mouvement cosmique dans son cycle annuel complet ou dans un moment significatif de son parcours. Sont ici réunis maints documents portant une iconographie parfois peu connue, qui atteste de la présence continue de la mythologie gémellaire depuis le début du second Âge du Fer jusqu’à l’époque gallo-romaine. Maîtres des passages du temps et/ou de l’espace qu’ils parcourent, les frères géminés concourent à l’équilibre dynamique du monde entre les pôles opposés des ténèbres et de la lumière, des vivants et des morts, du sauvage et de l’ordonné.

Daniel Gricourt (né à Lille en 1952) et Dominique Hollard (né à Paris en 1957) travaillent à la Bibliothèque nationale de France. Spécialistes des monnayages antiques et de leur iconographie, leurs recherches se sont étendues à la religion des Celtes envisagée dans un cadre comparatiste indo-européen. Ils abordent les questions mythologiques en associant étroitement l’apport des textes – principalement médiévaux – et  celui des images, en premier lieu monétaires, issus du domaine celtique.

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